The Adventures of Elliot : The Millennium Tales est de ces annonces qui surprennent moins par ce qu'elles montrent que parce ce qu'elles représentent. Quand Square Enix a dévoilé le jeu lors du Nintendo Direct de juillet 2025, la surprise n'était pas tant le jeu en lui-même, beau, lumineux et immédiatement reconnaissable dans son esthétique en HD 2D, que le nom qui y était attaché : la Team Asano. La division de l'éditeur japonais s'est forgée une réputation solide sur des RPG en tour par tour aux structures classiques, dont Octopath Traveler. Des jeux qui revendiquaient ouvertement leur amour de la grande tradition du JRPG, mais qui savaient le formuler avec une voix propre. The Adventures of Elliot marque un nouveau virage pour le studio, celui de l'action-aventure en temps réel dans la droite lignée des Zelda 2D d'antan. Un territoire que l'équipe portée par Tomoya Asano n'avait jamais vraiment arpenté. Et après une heure passée en sa compagnie, on n'avait plus envie de reposer la manette.

Un Zelda-like avec ses propres couleurs

preview The Adventures of Elliot : The Millennium Tales

Philabieldia est un continent qui a connu des jours meilleurs. Ravagé par des tribus de bêtes hostiles, il ne reste à l'humanité qu'un seul refuge : le Royaume de Huther, protégé par la magie de la Princesse Heuria. C'est dans ce contexte que l'aventurier Elliot et sa fée (Faie) partent explorer des ruines mystérieuses, avant de se retrouver projetés dans un voyage à travers le temps lui-même, découpé en quatre grandes ères d'une histoire millénaire. C'est une Philabieldia presque identique à la première démo que nous avons retrouvée, sauf lorsqu'on lui a fait changer d'époque via une simple touche, sans que l’on n’ait le temps d’apprécier ce que cela change concrètement. Il faudra attendre la sortie pour se faire une idée sur l'histoire et cette mécanique, mais la direction artistique, elle, n’attend pas. La patte de la Team Asano est toujours aussi somptueuse, avec cette lumière qui baigne les environnements et son doux parfum de RPG 16 bits porté par une technique contemporaine. Le genre de mariage dont on ne se lasse pas et dont le studio a toujours le secret.

C'est davantage sur le gameplay que le studio était attendu au tournant, tant il tranche avec ce à quoi il nous avait habitués. Dans la tradition des Zelda-like, les combats se jouent en temps réel. Elliot se manie avec le stick gauche, et la particularité la plus immédiatement déstabilisante, mais aussi la plus séduisante, sa petite fée est contrôlée via le stick droit. Il faut un moment pour apprivoiser cette coordination à deux mains qui s'impose davantage dans l'exploration et les puzzles que dans les affrontements eux-mêmes. Elle peut téléporter le héros jusqu'à elle, enflammer des éléments de l'environnement, ramasser des objets, frapper et étourdir les ennemis. Dans les donjons, sa mobilité devient le cœur des puzzles environnementaux, et c'est sans doute ce qui donne, pour l’heure, au jeu une identité bien à lui.

Les combats en eux-mêmes assument pleinement leur filiation avec les classiques du genre. Les enchaînements spectaculaires restent à leur époque au profit d’un gameplay autrement plus classique, posé même, qui se joue dans une valse de parades et de changements d'armes devenant une chorégraphie instinctive assez rapidement. Pour un jeu résolument old-school dans son approche, c'est vif, les combats de boss exploitent pleinement les combinaisons possibles, sans enfermer le joueur dans un schéma qui ne lui conviendrait pas. On lui reprochera sans doute de manquer un peu de patate, mais c'est sans doute le prix à payer pour cette élégance à l’ancienne qui fait aussi son charme.

Des retours des joueurs qui lui font du bien

The Millennium Tales preview

Mais le vrai terrain de jeu de The Adventures of Elliot : The Millennium Tales c'est peut-être son arsenal. Sept types d'armes en tout (de l'épée à la faucille) que l'on peut équiper par paires et changer à la volée via un menu déroulant. Car, c'est assez rare pour être souligné, il est le fruit direct des retours des joueurs sur la démo originale, que Square Enix avait accompagnée d'un questionnaire officiel. Le switch entre les armes a été remanié pour devenir plus intuitif et ça change très concrètement la fluidité de l'expérience. C'est alors une danse instinctive entre chaque arme, chacune avec son rythme, sa portée et ses spécificités, qui finissent par s’ancrer comme des réflexes. Et les magilites viennent encore enrichir tout ça. Ces cristaux sont en effet à équiper sur l'arsenal pour en modifier les effets, que ce soit un marteau qui génère des éclairs, ou un arc qui s'enflamme, par exemple. Les combinaisons entre les paires d'armes et ces effets laissent entrevoir une vraie profondeur, notamment pour les builds, et les nouveaux pouvoirs présents dans la démo semblent encore élargir le champ des possibles. Il faudra cependant plus que quelques affrontements de boss pour en mesurer réellement l'étendue.

Les autres ajustements depuis la première démo publique sont perceptibles au-delà des armes. La vitesse de déplacement d'Elliot a été revue à la hausse suite aux nombreux retours des joueurs, et le nouveau niveau de difficulté offrira une palette plus large pour calibrer l'expérience selon ses envies, combats plus exigeants compris. Et forcément, quand on ne se déplace plus à la vitesse d’un escargot, l'exploration s’apprécie différemment. Les donjons et environnements traversés ne ressemblent plus à une corvée, quand les puzzles tirent intelligemment parti des pouvoirs de Faie. Quelques secrets se sont laissés entrevoir, mais en seulement une heure, cette nouvelle prise en main de The Adventures of Elliot : The Millennium Tales confirme surtout que la Team Asano écoute, ajuste en conséquence et avance dans la bonne direction.

The Adventures of Elliot : The Millennium Tales preview

On attend The Adventures of Elliot The Millennium Tales avec impatience

Il y a dans The Adventures of Elliot The Millennium Tales quelque chose qui ressemble à une promesse tenue avant même d’être faite. Rien n’obligeait la Team Asano à sortir de sa zone de confort et pourtant, on sent que l’équipe croit sincèrement en son hommage aux Zelda-like d’antan. Et nous aussi. Le gameplay semble assez profond pour nourrir de vrais builds, la direction artistique est toujours aussi ravissante, et Faie devrait offrir au jeu une identité qui le distingue de ses inspirations. Il reste beaucoup à découvrir, notamment sur la narration et la pertinence du voyage dans le temps. Mais pour l’heure, on a hâte de découvrir ce que The Adventures of Elliot The Millennium Tales a réellement dans le ventre. Rendez-vous le 18 juin 2026 sur PS5, Xbox Series, PC et Nintendo Switch 2.